Cette thèse de doctorat a été soutenue à l’Université de Paris 5 - René Descartes le 29 juin 1979, devant un jury composé de :


André Martinet : Président
Frédéric François : Directeur de la thèse
Mohammed Belkaid : Membre
Salem Chaker : Membre.


Sa publication en cet ouvrage préfacé par Martinet, a eu lieu à l’OPU (Alger), en 1991.
Première thèse en acquisition en Algérie, sa diffusion en ligne est due au fait que l’ouvrage est épuisé depuis plusieurs années et son utilité est d’actualité, puisqu’il marque une contribution à la création de la psycholinguistique et du courant qui s’en dégage aujourd’hui : les neurosciences cognitives, thématique des travaux du Laboratoire créé en 2000 et promu Unité de Recherches, en avril 2013.
Son apport réside en la création d’un test pour évaluer la pathologie du langage enfantin, qui soit théoriquement justifié, puisque basé sur la découverte préalable d’un nouvel ordre d’acquisition de la conscience du sens, par la phonologie chez l’enfant, application faite à la langue arabe (orale), ce qui relativise l’ordre préconisé par Roman Jakobson, présenté comme étant universel alors qu’il n’a pas observé l’enfant arabophone.
Ceci, marqua, je m’en souviens, les éloges d’André Martinet, mais ne fut point du goût de mon Directeur de thèse, lequel, je ne l’ai pas oublié, m’avait reproché mon inscription aux études d’Orthophonie, à l’Université de Paris 6, où il était enseignant de linguistique. Il m’avait même présenté l’implantation de la chaire d’Orthophonie en Algérie, comme n’étant qu’illusoire…
Aujourd’hui, j’en souris car ce sont mes camarades français qui m’ont suivie, ne créant la post- graduation d’Orthophonie qu’en 2012 (Master qui sera suivi du Doctorat), alors que je l’ai créée en 1987.
En effet, beaucoup de Professeurs occidentaux n’admettent pas que l’étudiant algérien « transgresse certaines limites »… Ceci me valut d’ailleurs sa publication d’une de mes importantes conclusions de cette thèse, dans son livre Éléments de linguistique appliqués à l’étude du langage de l’enfant (Cahiers Baillère, 1979, p. 108), sans me citer. Je ne manquai pas de lui en faire la remarque.
Ce sont des souvenirs qu’il est utile de mettre à plat, un jour ou l’autre, afin de détromper ceux qui s’imaginent que poursuivre des études sérieuses en France, est quelque chose de simple. La réussite de qualité n’est point servie sur un plateau.
Cette thèse de doctorat servira donc non seulement, pour son apport théorique, mais aussi pour son apport pratique et clinique.
Je n’en découvrirai le lien avec la thèse d’État soutenue 07 ans plus tard, que durant ces dernières années, à travers la maturation de la thèse cognitivo-comportementaliste que je développe aujourd’hui pour soigner le « langage blessé », au sens de Philippe Van Eeckhout, l’éminent neuropsychologue, qui co-dirigea avec Blanche Ducarne de Ribaucourt, mon mémoire d’Orthophonie (1980) et dont je n’oublierai jamais le talent thérapeutique qu’il m’a inculqué, lors de ses fameux stages à la Clinique Saint Coûme de Juvisy et à la Salpétrière.
L’aphasique perd l’autonomie à travers la perturbation de son espace-temps. Or l’enfant, depuis le premier cri acquiert jusqu’à 06-07 ans, puis apprend jusqu’à la fin de la vie, l’espace-temps…
Le « pouvoir » opposer des phonèmes, c’est l’acte de les faire fonctionner pour créer du sens. Créer c’est faire la synthèse de faits préalablement analysés, processus cognitif de base, dans l’acquisition de la phonologie.


Nacira ZELLAL, le 20 juillet 2013.

La thèse