Quelles sont les conséquences de la fente ?





Elles sont multiples. On peut les étudier schématiquement sous trois aspects:

- les conséquences de la division de la lèvre
- les conséquences de la division de la lèvre
- les conséquences d’une fente totale intéressant le maxillaire



1. LES CONSEQUENCES DE LA FENTE LABIALE

La lèvre fait partie de la nappe tissulaire qui recouvre les os de la face, nappe constituée de muscles (les muscles peauciers responsables de l’expression par la mimique) recouverts de peau et de muqueuse. Au niveau de la bouche  le muscle orbiculaire des lèvres est circonférentiel et  peut agir comme un sphincter. Par l’intermédiaire de l’orbiculaire auquel ils sont soudés, les muscles de la face ont  normalement un point fixe d’insertion au niveau de l’épine nasale antérieure du maxillaire, médiane et à la base du nez.

La fente fait disparaître la possibilité de contraction en sphincter de l’orbiculaire. Nous avons vu que la division était latérale. Dans le cas d’une fente qui ne siège que d’un côté  les muscles gardent leur insertion médiane sur la berge  interne; ils l’ont perdue du côté de la berge externe de la fente. Le muscle orbiculaire ne peut plus agir en sphincter: au contraire ses fibres, en se contractant, divergent  ce qui déforme le seuil narinaire, la pointe et l’aile du nez et la cloison  est déviée vers le côté sain.


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2. LES CONSEQUENCES DE LA DIVISION PALATINE


Elles sont moins apparentes mais sont plus importantes sur le plan des fonctions vitales à savoir la digestion, la respiration,l’audition et la phonation. En effet le rôle du voile du palais est de séparer la cavité buccale des cavités nasales. Il ferme alternativement leur communication avec le pharynx .

Dans la digestion, la succion n’est possible que lorsque la fermeture du nez permet la genèse de pressions négatives dans la bouche par la contraction des parois de celle-ci et de la langue. Elle est donc difficile en cas de division du palais et explique que l’alimentation au sein soit impossible et que la tétine des biberons doit être très bien percée pour laisser le lait s’écouler facilement. La déglutition est perturbée, parce qu’il faut normalement que le palais empêche le passage de l’aliment dans le nez et que la langue puisse prendre appui sur le palais et le pharynx pour le faire progresser vers l’oesophage. En cas de fente, seule la langue et le pharynx sont mis en jeu et la langue a tendance à pénétrer dans la fente, en développant ses contractions vers l’arrière et vers le bas. Ainsi le pharynx s’élargit .Les muscles du voile du palais se contractent  peu car ils ne servent pas à la déglutition. Les temps suivants qui mettent en jeu la mécanique oesophagienne et celle de l’estomac sont également perturbés, car ils dépendent de réflexes qui prennent normalement naissance au niveau d’un voile actif.

L’audition  est souvent altérée par l’existence d’une “otite” séreuse qui n’ est  que le témoin d’un mauvais drainage de l’oreille moyenne (il n’y a pas de connotation infectieuse). Or celle-ci est en communication avec le pharynx par la trompe d’Eustache,reliant l’oreille moyenne au pharynx et qui est une formation anatomique nécessaire pour qu’il y ait une pression identique de part et d’autre de la membrane tympanique . Celle-ci peut ainsi vibrer sous l’effet des ondes sonores. L’orifice pharyngien de la trompe s’ouvre et se ferme grâce à l’action de certains muscles du palais. Ceux-ci ne fonctionnent pas bien quand il y a une division palatine. Ainsi l’eau s’accumule derrière le tympan qui ne peut fonctionner dans de bonnes conditions.

Enfin le palais joue un rôle décisif dans la phonation: il ne crée pas les sons mais participe à leur modulation en orientant le flux d’air vers le nez ou la bouche de façon variable. Très tôt après la naissance l’enfant émet des sons en répétant ce qu’il a entendu. Dès lors qu’il serait incapable d’émettre des consonnes qui,pour la majorité, nécessitent la fermeture du nez, il acquerrait de mauvaises habitudes: il ferait jouer sa glotte pour faire passer de l’air sous pression, et positionnerait mal sa langue . il parlerait très mal ,s’il est opéré tardivement, par l’établissement de circuits neuro-musculaires pathologiques mis en jeu automatiquement.


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3. LES CONSEQUENCES DE LA DIVISION OSSEUSE DANS LES FENTES TOTALES


Il existe en plus des troubles que nous venons de décrire et qui s’ajoutent les uns aux autres,  de nouvelles conséquences de la fente, cette fois osseuses . Celles-ci risquent de compromettre  l’avenir de l’articulé dentaire et l’aspect morphologique de la face. Il y a trois causes possibles à ces lésions osseuses:

En premier lieu le déséquilibre musculaire engendré par la rupture de la sangles de l’orbiculaire et le recul de la langue entraîne à la fois des déformations du squelette qui subit l’action modelante des muscles et aussi des déplacements des fragments du maxillaire devenus mobiles l’un par rapport à l’autre par l’existence de la fente, et qui ne sont reliés au reste du crâne que par des lamelles osseuses ténues. Ces deux modifications existent bien avant la naissance . La fente  a tendance à rétrécir en largeur (l’écart initial entre les fragments n’est pas dû à un manque de tissu mais à l’interposition de la langue) au fil des mois. En second lieu la croissance peut révéler un défaut de développement comme on le constate habituellement dans toutes les lésions congénitales.

Enfin et peut être surtout la chirurgie peut modifier les pressions musculaires et  retentir sur la croissance. C’est une notion qui est au premier plan des chirurgiens modernes. C’est aussi le facteur le plus difficile à cerner car il faut une expérience de longue durée, portant sur de nombreux cas. Cela explique à la fois que de nombreux protocoles de traitement sont proposés et qu’un choix au départ soit nécessaire.


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La fente labiale
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