Elles sont multiples. On peut les étudier schématiquement sous trois aspects:
| - les conséquences de la division de la lèvre - les conséquences de la division de la lèvre - les conséquences dune fente totale intéressant le maxillaire |
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La lèvre fait partie de la nappe tissulaire qui recouvre les os de la face, nappe constituée de muscles (les muscles peauciers responsables de lexpression par la mimique) recouverts de peau et de muqueuse. Au niveau de la bouche le muscle orbiculaire des lèvres est circonférentiel et peut agir comme un sphincter. Par lintermédiaire de lorbiculaire auquel ils sont soudés, les muscles de la face ont normalement un point fixe dinsertion au niveau de lépine nasale antérieure du maxillaire, médiane et à la base du nez.
La fente fait disparaître la possibilité de contraction en sphincter
de lorbiculaire. Nous avons vu que la division était latérale.
Dans le cas dune fente qui ne siège que dun côté les muscles
gardent leur insertion médiane sur la berge interne; ils lont
perdue du côté de la berge externe de la fente. Le muscle orbiculaire
ne peut plus agir en sphincter: au contraire ses fibres, en se
contractant, divergent ce qui déforme le seuil narinaire, la
pointe et laile du nez et la cloison est déviée vers le côté
sain.
Elles sont moins apparentes mais sont plus importantes sur le plan
des fonctions vitales à savoir la digestion, la respiration,laudition
et la phonation. En effet le rôle du voile du palais est de séparer
la cavité buccale des cavités nasales. Il ferme alternativement
leur communication avec le pharynx .
Dans la digestion, la succion nest possible que lorsque la fermeture du nez permet la genèse de pressions négatives dans la bouche par la contraction des parois de celle-ci et de la langue. Elle est donc difficile en cas de division du palais et explique que lalimentation au sein soit impossible et que la tétine des biberons doit être très bien percée pour laisser le lait sécouler facilement. La déglutition est perturbée, parce quil faut normalement que le palais empêche le passage de laliment dans le nez et que la langue puisse prendre appui sur le palais et le pharynx pour le faire progresser vers loesophage. En cas de fente, seule la langue et le pharynx sont mis en jeu et la langue a tendance à pénétrer dans la fente, en développant ses contractions vers larrière et vers le bas. Ainsi le pharynx sélargit .Les muscles du voile du palais se contractent peu car ils ne servent pas à la déglutition. Les temps suivants qui mettent en jeu la mécanique oesophagienne et celle de lestomac sont également perturbés, car ils dépendent de réflexes qui prennent normalement naissance au niveau dun voile actif.
Laudition est souvent altérée par lexistence dune otite séreuse qui n est que le témoin dun mauvais drainage de loreille moyenne (il ny a pas de connotation infectieuse). Or celle-ci est en communication avec le pharynx par la trompe dEustache,reliant loreille moyenne au pharynx et qui est une formation anatomique nécessaire pour quil y ait une pression identique de part et dautre de la membrane tympanique . Celle-ci peut ainsi vibrer sous leffet des ondes sonores. Lorifice pharyngien de la trompe souvre et se ferme grâce à laction de certains muscles du palais. Ceux-ci ne fonctionnent pas bien quand il y a une division palatine. Ainsi leau saccumule derrière le tympan qui ne peut fonctionner dans de bonnes conditions.
Enfin le palais joue un rôle décisif dans la phonation: il ne crée pas les sons mais participe à leur modulation en orientant le flux dair vers le nez ou la bouche de façon variable. Très tôt après la naissance lenfant émet des sons en répétant ce quil a entendu. Dès lors quil serait incapable démettre des consonnes qui,pour la majorité, nécessitent la fermeture du nez, il acquerrait de mauvaises habitudes: il ferait jouer sa glotte pour faire passer de lair sous pression, et positionnerait mal sa langue . il parlerait très mal ,sil est opéré tardivement, par létablissement de circuits neuro-musculaires pathologiques mis en jeu automatiquement.
Il existe en plus des troubles que nous venons de décrire et qui
sajoutent les uns aux autres, de nouvelles conséquences de la
fente, cette fois osseuses . Celles-ci risquent de compromettre
lavenir de larticulé dentaire et laspect morphologique de la
face. Il y a trois causes possibles à ces lésions osseuses:
En premier lieu le déséquilibre musculaire engendré par la rupture
de la sangles de lorbiculaire et le recul de la langue entraîne
à la fois des déformations du squelette qui subit laction modelante
des muscles et aussi des déplacements des fragments du maxillaire
devenus mobiles lun par rapport à lautre par lexistence de
la fente, et qui ne sont reliés au reste du crâne que par des
lamelles osseuses ténues. Ces deux modifications existent bien
avant la naissance . La fente a tendance à rétrécir en largeur
(lécart initial entre les fragments nest pas dû à un manque
de tissu mais à linterposition de la langue) au fil des mois.
En second lieu la croissance peut révéler un défaut de développement
comme on le constate habituellement dans toutes les lésions congénitales.
Enfin et peut être surtout la chirurgie peut modifier les pressions musculaires et retentir sur la croissance. Cest une notion qui est au premier plan des chirurgiens modernes. Cest aussi le facteur le plus difficile à cerner car il faut une expérience de longue durée, portant sur de nombreux cas. Cela explique à la fois que de nombreux protocoles de traitement sont proposés et quun choix au départ soit nécessaire.
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